un potager en perspective

La terre refait surface, replonge sous une nouvelle chute de neige, réapparaît encore et gagne du terrain avec l’aide du soleil qui travaille pour faire venir le printemps.  Je constate que l’endroit que j’ai choisi pour faire le potager est un des premiers à profiter de la chaleur nouvelle, la neige n’y tient plus et je peux reprendre les travaux d’aménagement.  Jusque-là je n’avais fait que monter un premier bout de muret, tout reste donc à faire!

J’ai choisi cet emplacement pour plusieurs raisons : il est discret, caché derrière une ligne de saules et de noisetiers qui formeront la base d’une haie protectrice.  Il est naturellement en terrasses : l’écoulement des eaux de ruissellement à tracé son chemin en zigzag en descendant la pente forte, creusant une sorte d’escalier naturel qui dessine une bonne base pour aménager les terrasses.  Cela veut aussi dire, bien sûr, qu’il va falloir bien canaliser ces eaux pour éviter l’effet marécage qui pour l’instant domine, le transformant, j’espère, en système d’irrigation.

terrassesnatures
un amphithéâtre naturel

Dans un premier temps je travaille sur à peu près un quart de la surface totale envisagée.  Cela me permet de monter quatre terrasses sur une largeur de trois mètres, avec, tout en haut, un canal de drainage horizontal, légèrement en pente, qui rejoint le canal central vertical qui descend à droite des terrasses.  Le canal vertical marque le milieu du potager, qui au final s’étendra sur six mètres à droite et sur six mètres à gauche.

La première terrasse (en bas) est retenue par un muret en pierre.  Pour l’instant, il est d’une hauteur d’environ cinquante centimètres, mais il faudrait que je double cette hauteur pour créer une profondeur de terre suffisante sur toute l’étendue de la terrasse.  En effet, en creusant la pente pour élargir cette première marche, je suis vite arrivée  à la couche d’argile et de pierre, que j’ai pu abaisser un peu, mais pas suffisamment pour permettre une couche de terre plate assez profonde derrière le muret existant.  Une fois le muret monté sur un mètre, je pourrai atteindre une profondeur de cinquante centimètres de terre même tout au fond de la terrasse.  Un muret de cette hauteur servira aussi à décourager le bétail et les animaux sauvages de monter la marche (en attendant que la haie fasse le tour du potager).

La deuxième terrasse est retenu par trois piquets en acacia autour desquels se tissent des longues tiges de frêne, appelés plessis.  Ce système est beaucoup plus rapide à mettre en place que le muret en pierre, et je trouve le résultat plutôt joli.  Au départ je me suis dis que c’était temporaire, que je le remplacerai par un muret en pierre, mais qui sait, c’est peut-être le muret en pierre qui se retrouvera remplacé par les tiges de frêne… à réfléchir !

terrassefaceavant
avant
terrasseface
après

En tout cas, les frênes, ce n’est pas ce qui manque, au contraire, le terrain est envahi de jeunes arbres d’un diamètre de 3 à 10 centimètres qui prennent pied là où s’étendait auparavant le pâturage des bêtes.  Certains sont à garder, mais beaucoup sont à couper, et comme le frêne est un arbre qui boit énormément d’eau et qui étale ses racines sur de grands espaces, ce n’est pas l’idéal au potager.  Je coupe donc, à la fois pour dégager l’espace du futur potager, pour ouvrir les espaces herbeux, et pour me fournir en matériel de construction.  Au potager il y a également des saules à couper, beaucoup ont cassé sous le poids de la neige cet hiver et il y a un bon nettoyage à faire.  Je garde les arbres qui sont bien placés pour faire partie de la haie, et je coupe les autres, sachant que le plus dur sera d’enlever toutes ces petites souches !

terrassehaut
vue d’en haut

Comme le potager se trouve à un endroit bien arrosé par les résurgences et parfois par les débordements des canaux et cours d’eau lors des crus, un système de canalisations s’impose.  Pour éviter que la terre des terrasses ne deviennent des bains de boue, j’ai décidé d’installer un drain agricole le long de chaque terrasse, permettant d’acheminer l’eau vers le canal vertical central.  J’ai donc creusé une tranchée au fond de chaque terrasse, dans laquelle j’ai posé un tissu agricole, ensuite le drain agricole que j’ai recouvert de gravier, le tout emballé dans le tissu et recouvert d’une couche de gravier plus fin.  Cette installation crée un chemin qui permet d’accéder à la fois aux plantations longées par le drain et à celles sur la terrasse plus haut.

potagertranchee
creuser une tranchée
potagerdraingraviertissu
poser tissu, drain, et gravier
potagertissugravierfin
emballer et couvrir de gravier fin
potagerchemindrain
délimiter le nouveau chemin
potagerterrassefinie
et voilà !
potagerterrasses1et2
le potager commence à prendre forme




Une réflexion sur “un potager en perspective

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